Mardi 8 décembre 2009
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Elle n'a pas aimé m'entendre dire : "Ca t'ennuie, si je passe Noël chez Papa cette année?"
Et je n'ai pas aimé l'entendre dire : "Pas de problème. Je passerai Noël seule."
Célébrer Noël est une farce. Comme toutes les célébrations, des prétextes pour renforcer la cohésion sociale et gonfler son chiffre d'affaires. On se rassemble pour ne pas être seul, on mange
pour ne pas être vide et on chante des cantiques pour briser le silence. On achète des sourires avec du papier cadeaux et on noie ses démons dans un verre de vin sucré.
Puis, on jète le sapin, on remballe les guirlandes, on nettoie les vitrines, et chaque chose reprend la place qui lui était attribuée.
Il devait être 13 heure lorsque mon père a téléphoné. Il m'attendait au restaurant pour déjeuner. J'aime déjeuner avec lui. Mon père, c'est un idéaliste, un rêveur, désorganisé et attentiste.
C'est un homme qui aime la simplicité sous toutes ses formes, qui passerait des journées entières à arpenter les collines. Je le vois parfois immobile et angoissé, muet. Il m'a dit :
"Je m'imaginais vieillir, atteindre un certain âge, ressasser mes souvenirs et être heureux. Mais la sagesse, ça n'existe pas. Tout ça, c'est dans les films, dans la littérature.
Les souvenirs se ternissent comme de vieilles photos. On y repense, mais ils ont perdu toute l'intensité du moment. Et à l'aube de la mort, tout ce que l'on
ressent, c'est de l'amertume."
C'était l'anniversaire de ma grand-mère. On a bu du champagne, mangé des toasts et elle m'a donné une robe de soirée que Jean-Louis lui avait offerte et qu'elle n'avait jamais pu porter. J'ai
fait mine de la trouver belle. Et j'ai vu briller ses yeux lorsqu'elle me vit la faire tourner.
Par Julie
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Publié dans : no man's land
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