Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 12:37
Il a garé son 4x4 de l'autre côté de la rue, pas le même qu'avant, ou qu'hier. Je me rappelle la Renault 21 qui finit écrasée contre un arbre. Puis le Cherokee à l'intérieur de velours  rouge. Puis un Land Rover bleu sombre je crois. Et, toujours, sa vieille C15 qui sent cette odeur acre qui colle à la peau des chasseurs.
Il est monté et a bu le café que je lui avait préparé. Il était assis sur le canapé de cuir rouge, faisant face à la baie vitrée. Il me dit : "Alors, tu commences à être stressée par rapport à ce que tu vas faire, maintenant?" Je suis sûre que la tournure qu'il employa était meilleure, mais l'idée est là.
Puis il ajouta : "je connais quelqu'un. Son fils doit avoir ton âge. Il travaillait dans les jouets et depuis il a créé une entreprise avec son fils. Ils voyagent beaucoup..." Et il laissa entendre qu'il pourrait lui en parler. Le "en" faisant directement référence à ma situation, celle de diplômée sans emploi. En un instant, je me suis retrouvée sur la défensive. J'étais en colère. Comme si j'avais besoin de quelqu'un pour trouver un emploi, comme s'il me fallait quémender à la porte des uns et des autres.

Ce n'est pas ce qu'il signifiait. Et je regrette de m'être emportée comme je l'ai fait.

Puis, on parla de son travail, du directeur de "Temps Jeunes" qui ne le respecte pas autant qu'il le devrait, de Monique qui se remet de sa chirurgie esthétique, et du fait que non, on ne peut pas tomber amoureux d'un nain. On a fini par rire fort.

Enfin, je l'ai racompagné jusqu'en bas des escaliers. Dehors, les nuages avaient filé, laissant le ciel d'un bleu, profond, comme c'est souvent le cas en hiver.
"A dire que ce matin, il pleuvait à la Croix Valmer... Avec des coups de tonerre et tout!" a-t-il dit en partant.
Par Julie - Publié dans : no man's land
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